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Coup de gueule d’un Treffortins

Posté dans : Permaculture, Vie de la ferme | 0
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Depuis deux ans nous pouvons observer des engins agricoles au bord du Sevron et aujourd’hui sur le Bief de Charine.

Passons l’aspect esthétique de la disparition du bocage de notre territoire qui pourrait rester un point de vue subjectif…

J’entends déjà les contestataires notifiant la nécessité d’entretenir le bord des cours d’eau, oui (et encore que, nous laisserions un peu plus divaguer les cours d’eau que ça ne nous couterai pas plus cher…), pourquoi pas mais pas en abîmant les arbres encore sur pied et pas en faisant à certains endroits des coupes blanches comme on le voit sur la photo. Il est évident que certains arbres rejetteront mais pas tous. Et rappelons quand même la présence de la maladie de l’Aulne qui n’hésitera pas à finir d’abattre les arbres affaiblis.

Bilan des courses, consommation d’énergie fossile par les engins, dégradation des sols de bord de cours d’eau, libération de CO2 via des brulages inutiles (Les arbres sont des fixateurs de CO2 et de grosses quantités de branchages seront brulés libérant ainsi inutilement du CO2. Un simple tas de branches permettrait à une foule de faune et flore de s’installer), nous passerons les légères dégradations de la route par les chenilles lors des changements de parcelles… Réjouissons nous que les travaux se passent en hiver, hors des périodes de reproduction.

Pour mieux comprendre mon agacement, voici un article visant le rôle de la ripisylve (arbres du bord de rivière) réalisé par un syndicat de rivière, garant de la bonne santé des cours d’eau :

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La ripisylve est définie comme l’ensemble des formations boisées présentes sur les rives d’un cours d’eau. De nombreuses espèces animales et végétales y sont inféodées.

La ripisylve est indispensable au bon fonctionnement d’une rivière pour de nombreuses raisons :

  • Protection des berges contre l’érosion : l’enracinement en profondeur des arbres et arbustes constituant la ripisylve permet le bon maintien des berges. Les racines des arbres fixent les berges, limitant ainsi l’érosion. Cependant, toutes les essences d’arbres ne sont pas adaptées. Par exemple, le peuplier sera à éviter en bordure de cours d’eau. En effet, il aura tendance à développer ses racines plutôt en surface et à être rapidement déstabilisé par la rivière, contrairement au saule, à l’aulne ou au frêne, qui ont un enracinement en profondeur.
  • Dissipation du courant : La ripisylve offre des « obstacles » à la rivière et dissipe ainsi sa force, limitant l’érosion excessive. Pendant les crues, les végétaux freinent l’eau, ils brisent le courant et protègent les berges aval d’une érosion trop forte.
  • Epuration et fixation des sédiments et des polluants issus des terres voisines : la ripisylve ainsi que les microorganismes qu’elle abrite, constituent un filtre naturel pour les polluants susceptibles d’arriver à la rivière. En effet, les nitrates, les phosphates et les molécules phytosanitaires sont fixés par les plantes ou sont dégradés par les microorganismes présents dans le sol, ce qui évite ainsi un rejet direct dans la rivière. De plus, la végétation présente dans le cours d’eau et sur les berges, agit aussi sur la qualité de l’eau en pompant les polluants organiques qui sont parvenus jusque dans la rivière. Ainsi, une végétation en bonne santé, augmentera la capacité auto épuratoire du milieu.
  • Ombrage des eaux : les arbres en limitant la quantité de lumière jusqu’au cours d’eau , permet de limiter l’augmentation de la température et donc l’eutrophisation des rivières. Ce phénomène est à l’origine de nombreux dysfonctionnements écologiques avec notamment une asphyxie du milieu.
  • Effet corridor : la ripisylve permet de former un couloir naturel constituant un refuge, une zone de chasse et un axe de déplacement pour de nombreuses espèces.
  • Effet brise-vent : Comme toutes les haies de manière générale, la ripisylve a également un effet brise vent et limite ainsi l’évaporation en période estivale.
  • Effet paysager : la juxtaposition de la ripisylve avec des milieux ouverts (vignes, friches…) crée un paysage plus varié et plus coloré. La ripisylve contribue à l’amélioration du caractère du territoire.

La ripisylve a donc des fonctions essentielles, sa destruction sur un grand linéaire de cours d’eau est un des facteurs principaux du dysfonctionnement des rivières de notre bassin versant. C’est pourquoi une attention toute particulière est portée à sa restauration et à sa préservation.

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